L’autorité est une composante essentielle du métier d’enseignant, mais les méthodes pour l’instaurer demeurent cependant introuvables dans les manuels. Et si nous sommes le plus souvent convaincus de son utilité, il est difficile de savoir comment elle s’acquiert, comment elle s’exerce et dans quelle quantité elle nous est nécessaire pour assurer le bon fonctionnement de la classe.
Certains pensent que l’autorité est naturelle, innée : on l’a ou on ne l’a pas. D’autres la considèrent surtout comme un pouvoir à imposer l’obéissance. Une troisième catégorie verrait l’autorité comme un droit conféré par le statut et l’institution. Enfin, il en est pour penser que l’autorité est d’autant plus impossible à établir que les parents eux-mêmes en ont abandonné l’idée...
Alors l’autorité : un don, un pouvoir, un devoir ou une illusion ? Quoi qu’il en soit, c’est d’abord une composante technique du métier d’enseignant, indispensable pour se faire entendre quand les élèves auraient envie d’être ailleurs à faire autre chose. C’est ensuite une composante sociale du métier : l’autorité n’est sûrement pas le pouvoir personnel d’un individu mais bien celui que lui accorde un groupe humain, la société.
Donc, la notion d’autorité à l’école indique que l’enseignant et les élèves n’ont ni le même rôle ni la même responsabilité. Les élèves doivent comprendre que les règles qui visent à l’instaurer, même si elles sont exercées par l’enseignant comme un moyen au service du bon déroulement de la classe, sont définies par l’institution dans le cadre d’un projet global d’éducation. Et c’est bien là que naît souvent le malentendu. Car pour qu’un enseignant exerce son autorité, il faut que les élèves reconnaissent qu’il est fondé à le faire, dans le respect du contrat social qui est le sien.
S’engager dans la construction d’une autorité juste et efficace demeure probablement l’un des principaux buts de tout enseignant. Mais ainsi posée, elle n’est pas spécifique à son métier. Un chef d’orchestre, face à cent musiciens, a lui aussi la responsabilité personnelle d’emmener le groupe dans une approche partagée de l’œuvre. Il en est de même pour un metteur en scène, un entraîneur sportif en recherche de résultat, un juge, un arbitre sur le terrain, un chef d’entreprise… Tous ont un objectif à atteindre, des lois à appliquer, des règles, des droits et des devoirs à instaurer pour faire autorité.
Des pistes pour le questionnement
Comment se construit l’autorité ? Est-elle toujours nécessaire ? Sur quoi repose-t-elle vraiment ? Cela a-t-il à voir avec le caractère, la personnalité ? Pourquoi certains n’arrivent pas à l’exercer ? Quelle est la frontière entre autorité et autoritarisme ? Y a-t-il d’autres moyens que l’autorité pour se faire entendre ? La punition est-elle une composante de l’autorité ? Quelles sont les limites de l’autorité ? Peut-on être gentil, compréhensif et néanmoins autoritaire ?
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