La mort des autres est d’autant plus douloureuse qu’elle nous renvoie à la nôtre et au peu de place que nous lui accordons. Par définition morbide, ce sujet est le plus souvent écarté de ce que nous nous disons avec nos enfants, nos élèves. Pourtant, lorsqu’elle se présente, en parler serait déjà une façon de l’accepter, de la « vivre mieux ». Or, la culture laïque n’a pas trouvé de façon opportune d’aborder ce thème. Les deuils demeurent pour chacun, et à tous les âges, des événements essentiels qu’il faut apprendre à vivre.
Plus de 530 000 personnes meurent en France chaque année. Et parmi elles, des enfants et des adolescents : plus de 2000 garçons et 1000 filles d’âge scolaire. Autant dire que chaque enseignant, au cours de sa carrière, sera inévitablement exposé, peut-être plusieurs fois, à la mort dans sa classe : décès d’un élève, d’un parent, d’un frère ou d’une sœur, décès d’un collègue.
En règle générale, face à un tel événement, l’enseignant est désarmé. Il peut certes compatir à la peine et trouver les mots apaisants, mais il n’est pas formé pour en tirer « pédagogiquement » quelque chose et installer dans la classe une réflexion qui permette à chacun d’exprimer ses émotions, son avis.
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